Quand je pense à Jeff, à Bill, à Marc et à bien d’autres milliardaires, j’ai tendance à les imaginer comme étant des ‘personnes’. Et pourtant, tel n’est pas/plus le cas. Ainsi, lorsque Bill atterrit avec son Lear Jet à Zaventem, il est escorté officiellement chez le Roi des Belges avant d’être convié tout aussi officiellement à la CE où nos élus les plus éminents et les technocrates qui les gèrent écoutent quasi religieusement ce qu’il a à leur dire. Ces ‘personnes’ sont en fait devenues des institutions ; elles s’appellent Amazone, Apple, Facebook, etc. et sont ‘des Etats dans l’Etat’, quoiqu’échappant à tout contrôle d’Etat, car délocalisées au possible. Que ces Etats fictifs mais économiquement bien réels finissent par se coaliser et par manifester un ‘projet-monde’ n’a rien d’étonnant. Où le bât blesse c’est que ces institutions n’en restent pas moins des personnes, des familles ou des réunions de fortunes devenues tellement ‘puissantes’, ‘autonomes’ et ‘hors sol’ qu’on peut les dires ‘sociopathes’ sans hésiter, leur pathologie consistant essentiellement à être devenus ‘hors-monde’ et à s’être détachés de son humanité qui est pourtant leur ‘fonds de commerce’! … Ils en viennent à l’oublier! Ceux-là veulent le globalisation et une gouvernance mondiale et ils se proposent bien évidemment comme gouverneurs autoproclamés … Dieu lui-même ne leur a-t-il pas fait le cadeau de ‘Mammon’!?

Par ailleurs, et quoi qu’on en dise, le temps est aux ‘Grands Etats’ qui se renforcent. Il y eut Donald et son America First, une tendance qu’on ne parviendra plus à effacer. Il y a ‘Ping’ qui prône le nationalisme, quand bien même il cherche à l’exporter un peu partout. Il y a Tayyip qui veut reconstituer la grande Turquie et qui n’y va pas de main morte. Il y a Angela qui gère discrètement le CE, n’en déplaise aux autres ‘Etats Membres’. Et quand bien même ces Etats semblent corrompus jusqu’à l’os, il n’en reste que ‘leur agenda’ ne recoupe pas exactement celui des ‘Etats dé-territorialisés’ du monde de l’informatique qui les abreuvent de leurs largesses. Il est probable que cette ‘friction’ leur causera des soucis dans la gestion de leur projet commun qui consiste à ‘maîtriser les peuples’, à les mener à l’eau et à les faire boire ce qu’ils leur destinent. Et qu’il y aura sans doute également une discrépance s’établissant entre ‘le consommateur décérébré‘ voulu par les uns et le ‘patriote tout aussi décérébré’ désiré par les autres. 

Voilà, ce que je pense qu’il se passe ‘tout là-haut, nettement plus haut qu’où volent les oiseaux’. Le projet n’est pas neuf. A l’époque de l’industrialisation sauvage qui nous a menée à marche forcée à l’ère des réseaux entr’autres sociaux, mais également industriels – qui ‘exploitent plus ou moins subtilement’ la planète et ses ressources au profit des mêmes -, Karl attirait notre attention sur le fait que c’était ‘la force de travail’ de la masse des ouvriers (le prolétariat) qui se voyait transformée en capital s’accumulant dans l’escarcelle des nettement moins nombreux capitalistes. Et il se trouve qu’en ces temps-là, il y avait également le psychanalyste et marxiste Wilhelm qui prétendait que c’était ‘la force vitale’, la ‘libido’, soit ‘l’en-vie de vivre’ des uns qui était captée par les autres et utilisée à leur profit. Wilhelm n’imaginait pas un ruissellement équilibré de cette ‘force vitale’ du haut vers le bas et il s’avère qu’il n’avait pas tort, dans la mesure où le consommateur courant n’a droit qu’aux miettes tombées de la table de producteurs regardants, car c’est leur profit personnel qui prime, point barre! … On n’en est pas à chacun sa Lamborghini quand même! … On a juste droit à la Volkswagen mettons (la voiture du peuple)! Le malheureux Wilhelm a payé sa clairvoyance en passant de vie à trépas dans le centre pénitentiaire de Lewisburg aux USA. Et j’en parle parce que ‘ce qu’il a perdu’ et qui lui a coûté ‘la vie’ a pour nom LIBERTE! 

Ayant dit tout ça, on est rendu au niveau du ‘peuple’ auquel on prend l’essentiel … Non, plus sa force du travail, les robots font mieux que l’Homme et l’informatique fera le reste … Mais ‘sa liberté’! Essentiellement celle de se réunir, de donner son avis, de ‘former communauté exigeante’. Et c’est pourquoi on ferme l’Horeca sans intention de rétablir ‘la situation d’avant’; c’est pourquoi les salles de spectacle restent fermées et les artistes confinés et muselés ; et que la liberté de se déplacer est limitée dans l’espace et le temps. Eh oui, ‘ils’ captent la liberté de leurs peuples (ou ‘des peuples’) à leur profit. Mais quel profit? Ben, si tu veux respirer du bon air,  c’est-à-dire celui que nous prodiguons, faudra payer ; si tu veux de la bonne eau, celle que nous distribuons, faudra payer ; si tu veux consommer de l’énergie (gaz, électricité), faudra nous payer puisque nous la possédons, la produisons ; si tu veux du spectacle aussi bien que des informations quel qu’elles soient, il n’y a que nous qui possédons les réseaux susceptibles de vous en fournir … mais faudra ‘nous’ payer, eh oui! ; si tu veux jouir d’un coin de nature, comme la Terre entière nous appartient, faudra raquer! On n’en est pas encore tout à fait là, mais il me paraît évident que cela nous guette! Et, à ce niveau-là, mettons que les Etats Territoriaux et les Etats Hors-Sol s’assemblent dans la mesure où se ressemblent comme des frères les ‘impôts’ et les ‘factures à payer’! Et ne serait-ce que pour ça (pour payer), nos élites ont besoin de ‘nous tous’! Bon, un certain nombre de sociopathes là-haut prétendent pouvoir se passer de nous, de former un monde à eux tout seuls … Je les crois ‘un peu fous’ de penser ainsi! 

Et face à cela, il fallait s’y attendre, une résistance s’organise. On les a affublé du titre ‘complotiste’. Et comme il n’y a qu’un complotiste pour reconnaître l’autre, ‘ils’ n’ont sans doute pas tort de dire qu’ils sont spoliés par une élite qui ne leur veut pas que du bien. Mais ils ne sont pas nombreux, les moutons qui savent que les bergers et leurs chiens qui les emmènent en transhumance convoitent leur laine et se foutent pas mal où très accessoirement de leur bien-être! Puis il y a de fort nombreux moutons qui ont très bien compris, mais que cela n’arrange pas de le savoir ; ceux-là jouent aux trois singes ou s’enfoncent la tête au long cou dans le sol tels des autruches. Bref, il y a une masse molle de ‘moutruches’ et de ‘singes’ entre le ‘là-haut’ et ‘ici-bas’. Et, selon moi, il y en a autant en haut qu’il y en a en bas. Ainsi, s’il y a 500 millions de privilégiés, il y aura (ils forment leurs rangs) 500 millions de citoyens les mettant en cause. Et les 7 milliards qui restent? Ben, ils forment le ventre mou du monde. Une partie de ceux-ci aspirent à ‘monter’ et à devenir de libres oppresseurs, la plupart ne souhaitent même pas s’en donner la peine. Et peu nombreux sont ceux qui veulent recouvrer leur liberté en résistant avec acharnement à tout emprisonnement. Voilà où j’en suis de ma réflexion en ce dimanche de confinement inutilement prolongé. On est le 07 février 2021 et il y a 11 mois que ‘ça dure’. Et c’est sans doute loin d’être fini.

Que se passera-t-il à terme? Il y a un proverbe flamand qui dit : ‘Als twee honden vechten voor een been, dan loopt een derde er mee heen’ … Si deux chiens se battent pour un os, c’est un troisième qui se barre avec! Et j’ai comme l’impression que c’est ce qui finira par se passer, même si ce n’est pas pour tout de suite, loin s’en faut! Mais alors pourquoi se battre, puisque tout finira ‘quand même en fin de compte’ par s’arranger!? Ben justement, non! Mettons que c’est les deux chiens qui se battent qui produisent le troisième qui, sinon, n’existe pas. Dans lequel cas, on joue à Top Dog et Underdog où c’est toujours le même qui jouit et le même qui souffre. Et cela peut durer fort longtemps, jusqu’à ce que … Et voilà que me revient en tête un bon vieux western datant de 1960, nommé ‘Les sept mercenaires’. Je vous laisse en partage la méditation qu’il inspire et vous conseille vivement de visualiser ce film prodigieux. Voilà : 

Au nord du Mexique, un village de paysans reçoit régulièrement la visite de Calvera et de ses bandits qui les rançonnent cruellement. Ils décident d’acheter des armes pour tenter de leur résister. Puis leur vient une nouvelle idée : louer les services de mercenaires pour se défendre. Et, parmi ceux-ci, Yul Brynner, Steve Mc. Queen, Charles Bronson, la brochette des stars de l’époque! Bon, le reste est prévisible : les mercenaires l’emportent sur les malfrats de Calvera, quatre mercenaires meurent, trois restent. Et, au moment de partir, ayant ‘libéré’ les paysans du ‘mal’, Yul parle à l’ancien du village qui lui dit … Et c’est là le message que je vous recommande de méditer en ma compagnie : ‘La bataille est terminée. Et votre tâche aussi. Pour ces hommes (il regarde ses paysans) chaque saison a ses tâches. S’il y avait une saison pour la gratitude, ils vous en témoigneraient plus. (silence lourd, comme il y en a dans les westerns) Seuls les fermiers ont gagné, on ne peut jamais en triompher ; ils sont la terre, ils sont indestructibles. Vous les avez aidés à se débarrasser de Calvera comme un coup de vent les aide à se débarrasser des sauterelles. Vous êtes pareils au vent : vous soufflez sur la terre et partez au loin … Allez, que Dieu vous garde!’ 

Eh oui. Est-ce (donc) ainsi que les hommes vivent? Nous demandait Louis Aragon. Apparemment tel est la cas. Nous existons de guerre en guerre avec des pauses de paix mettons. Car il y a toujours des Calvera qui tentent le coup et des mercenaires qui finissent par se réunir pour leur servir la réplique. 

Et le poète d’y ajouter : Et leurs baisers au loin les suivent! Mais on n’en est pas encore là, les sept mercenaires ne sont pas encore réunis et les paysans sont toujours sous le joug des malfrats et subissent leur sort sans trop broncher. Le sursaut c’est pour dans … Longtemps!? On verra. Et la nostalgie ce sera pour encore après!