Il faut rester calme, ne pas s’énerver, tout va bien finir par s’arranger. Rester Zen, oh oui, c’est ça : se mettre en position, respirer et ne plus penser. Et, surtout, ne pas agir … Alors qu’à l’intérieur on bout, qu’on sent que ‘quelque chose ne va vraiment pas’. Ce qui me fait penser à une chanson sortie en 1986, chantée par le groupe Gold, répondant au titre ‘Ville de lumière’, dont je reproduis le joli texte prémonitoire in extenso (allez l’entendre sur YouTube, elle est jolie la chanson) : 

(Couplet 1) Comme un diamant qui se pose aux branches de mes doigts, tu brillais chaque nuit devant moi. Ville de lumière, j’ai besoin de toi. Mais tes murs de sable rose ont perdu leur éclat, sous les ombres noires des soldats. Ville de lumière, qu’ont-ils fait de toi? (Refrain) Ne plus pleurer, rester là à se demander pourquoi. N’exister que pour toi. T’aimer jusqu’au dernier combat. (Couplet 2) Sur tes pavés de poussière et tes chemins de croix, tes enfants ne jouent plus comme autrefois. Ville de lumière, j’ai besoin de toi. Et dans ma prison de pierre où je tremble et j’ai froid, je sais …  je ne te reverrai pas. Ville de lumière, qu’ont-ils fait de moi? (Refrain) Ne plus pleurer, rester là, à se demander pourquoi. N’exister que pour toi. T’aimer jusqu’au dernier combat (répéter le refrain ad libitum)

Dans cette jolie chanson, il est question d’un combat plutôt que de rester cool. Et d’un emprisonnement dont il convient de sortir aux termes d’un combat. C’est donc autre chose qu’un discours de philosophe qui nous est proposé là … Ce philosophe qui, une fois son discours pensé, écrit ou prononcé, se retrouve tout paf face à ceux qui ‘possèdent’ tout l’or du monde … Cet or qu’ils ont habilement subtilisé aux peuples qu’ils ‘gèrent’ comme du cheptel. Et ils font également  face aux tenants du ‘pouvoir’, élus ou non, qui forcent ‘tout le monde’ à obéir sous peine de périr. Et cela au point que, souvent, le ‘savoir’ des uns se met au service du ‘pouvoir’ et de ‘l’avoir’ des autres et qu’à elles trois, ces ‘forces’ (sombres) se mettent à diriger le monde. Mettons que ‘le monde’ est ‘la Ville de Lumière’ dont question dans la chanson. Et n’est-ce pas très actuel ce qui se chantait là? Où est-elle passée cette ‘Ville de Lumière’, cet ‘à-venir’ qui chante juste et vers lequel nous sommes sensés nous diriger tous? 

Je me propose, dans les lignes qui suivent, d’interpréter la situation en termes de tarot, cette ‘roue de sagesse’ occidentale  … Une rota  élaborée à la fin du Moyen Age et réalisée sous sa forme actuelle à partir du 17me siècle. Accrochez-vous bien! Allons-y … Mettons que les Deniers, les Epées et les Bâtons (30 arcanes mineurs) se sont ligués contre les Coupes (10 arcanes mineurs) qui chavirent, renversent leur sang qui, pourtant, les nourrit tous … Mais ils n’en ont cure puisqu’ils sont à la curée! 

Que se passe-t-il alors? Ben, c’est l’arcane XIII (un arcane majeur pour le coup, désormais il ne sera plus question que des ‘majeurs’ dans mon exposé) qui se met à mener la danse, une danse macabre oh combien! … Qui me fait penser au film le Septième Sceau d’Ingmar Bergman, sorti en 1957, n’hésitez pas à la visualiser! Il n’a pas de nom, cet arcane XIII, il l’a perdu. En fait, c’est un Mat qui n’a plus que la peau sur les os et qui a perdu la face ; ils se tiennent dans la même position, le Mat et lui, le bâton d’enseignant du premier est devenu la faux du second. Il est furieux, le mat dépenaillé, au point que, de fou, il est devenu ‘fou furieux’, matador, tueur de taureaux, tueur de la bête qui s’est bien trop nourrie de lui et qui fait régner sa loi sur le monde, sur son monde, une loi faite d’angoisse et de morbidité … 666! 

Avouons qu’on est loin du temple bouddhiste à flanc de colline … Encore que d’horribles figures défendent les temples que j’ai pu visiter! Mais, me dis-je, si le jeu de tarot met en branle la juste colère et la rage destructrice, c’est qu’il le faut vraiment. En fait, il nous suggère là une solution. La voilà : c’est vers l’arcane VI qu’il convient d’aller, nous dit-il, le 6 simple, celui de l’Amovrevx, et le  6 porté à la dizaine (6+10), de l’arcane XVI, La Maison Diev. Ces deux arcanes majeurs  offrent, pris ensemble, une nouvelle Voie de Vérité et de Vie (les 3 V dans leurs noms la désignent – ils sont visibles dans l’Ancien Tarot de Marseille, d’autres jeux les ont apparemment ‘négligés’). Il faut donc se découvrir pour aimer (6) et faire de son âme une ‘maison de dieu’ (16)! Là, je pense aux ‘murs de sable rose’ de la chanson … N’est-ce pas une allusion à nos corps physiques roses d’occidentaux ou, plutôt, à nos enveloppes physico-spirituelles, à nos ‘maisons de dieu’! … Entourés de noirs soldats qui y puisent l’énergie dont ils se nourrissent, et qui les épuisent! … Je pense là au film Matrix du couple Wachowski … Qu’ont-ils fait de moi?!

En tout cas, voilà la résolution ‘occidentale’ des conflits passés et actuels : l’amour et la spiritualité sont évoqués comme formant de concert le remède à tout mal … Faire de sa chair travaillée par l’esprit un temple d’amour afin de se permettre, chacun individuellement et tous collectivement, d’accéder au Monde (l’arcane XXI) dont chacun fait partie ‘de toujours et pour toujours’ … Soit, selon la chanson, revenir en la ‘Ville de Lumière’ qui est le rêve de chacun, de tout ‘mondain’ en tout cas ; nous la nourrissons, la Terre, elle nous nourrit en retour! Il est question là du ‘monde’ sous toutes les acceptions de ce mot, entre autre du monde planète et de ‘tout le monde’ qui en fait intégralement partie, un monde-organisme-vivant quoi! … Je pense là à l’hypothèse Gaia de James Lovelock entre autre.

Et cela nécessite une lutte sauvage, acharnée, qui passe par les arcanes II (La Papesse – la gestation, la métamorphose), III (L’Impératrice – la naissance, la renaissance), IIII (L’Empereur – le pouvoir matériel à reconquérir), et V (Le Pape – le pouvoir spirituel à reconquérir) pour culminer en l’arcane VII (Le Chariot – une maîtrise dynamique incertaine mais quand même). Et cette quête épuisante se stabilise en VIII (La Justice – la justesse tempérée) et en VIIII (L’Hermite – la sagesse, la Voie absolument Zen pour le coup), avant que tout soit remis en cause une fois arrivés en l’arcane X, le Roue de Fortune, qui rebat les cartes. Et c’est alors reparti pour un tour! (on s’y trouve actuellement selon moi)

Le jeu de tarot est une ‘roue’ et ce n’est pas pour rien! Ce n’est définitivement pas une voie que suggèrerait un moine Zen japonais, ni d’ailleurs un sage indien qui parlerait de Samsara, la roue de la destinée, dont il convient de s’extirper pour accéder au Nirvana, etc. … A moins que ceux-si ne soient, en même temps, des combattants, des Samouraï, des combattants-philosophes en quelque sorte … Ce qui n’est pas improbable lorsque je pense à l’attitude d’un certain nombre de soldats Japonais lors de la dernière guerre mondiale pour lesquels leur guerre était ‘sainte’ ; ou à la Bhaghavad-Gita ou ‘dieu’ vient en aide au combattant Arjuna qui ne veut pas se battre de peur de blesser ses frères-ennemis! 

Tout ça pour dire que cette Roue de Sagesse Occidentale n’est pas vraiment Zen (au sens coutumier de ce mot), même si elle ne néglige pas la spiritualité, loin s’en faut ; qu’elle est plutôt combattante, dure, hargneuse quand on l’y oblige, folle même, pas sage pour un poil, mais qu’elle peut le redevenir au moindre signe d’accalmie. C’est ça l’Occident! J’en reviens au texte de la chanson disant que les enfants ne jouent plus comme autrefois, c’est-à-dire qu’ils ne jouent plus en toute innocence ‘pour jouer’ mais que là c’est devenu ‘pour de vrai’ et qu’on à tout à y perdre si on ne s’en défie pas … Ville de lumière (le Monde, mon Monde), qu’ont-ils fait de toi? (Je dois) Ne plus pleurer (ni) rester là à me demander pourquoi. (Je dois) N’exister que pour toi, t’aimer jusqu’au dernier combat!

Mais, question de m’apaiser et de vous rassurer du même coup, l’âme occidentale ne fait heureusement pas que se battre. Elle partage avec l’orient et le proche orient cette connaissance de l’arcane VI (je pense au Sceau de Salomon), et de sa compagne l’arcane XVI, celui de l’amour et d’une maison physique, notre corps, qui serait un temple inviolable, une maison de dieu … A défendre à tous prix! Or, c’est bien par là qu’on nous tient actuellement (masque, distanciation sociale, fermeture de tous les lieux de réunion, de fête, de partage, vaccin dont la probité est questionnable et j’en passe!). Eh oui, c’est notre ‘maison de dieu’ qui est en péril! 

Voilà, j’ai dit ma chose, toujours la même d’ailleurs : inciter à rester vigilants, à résister tant que faire se peut à toute intrusion qui semble injustifiée de toutes les manières imaginables ; et s’informer à toutes les sources disponibles les plus diverses afin de garder l’esprit ouvert. Et je désirais également, par ce post, ramener la sagesse occidentale dans le débat qui nous préoccupe tous par ces temps perturbés, plutôt que faire appel à une sagesse orientale qui nous conseille de rester zen (cool) et qui nous reste étrangère, même si on s’en inspire depuis le 17me siècle déjà et que bon nombre des praticiens du cru l’ont adapté à leur manière … Ils en ont, pour la plupart, fait un ‘produit’! Et à raison d’ailleurs, car il y a là des perles qu’on ne peut laisser aux cochons qui, pour l’heure, se sont emparés de notre monde de vie, de notre ‘Ville de Lumière’ et qui semblent animés de l’intention de s’emparer en prime de nos ‘Maisons de Dieu’ faites de sables oh combien multicolores !

A bon entendeur, salut!