Réaction à un post présentant une image Albert Einstein illustrant une lettre à sa fille parlant de l’énergie universelle (la gravité) qui ne serait autre que l’amour. L’amour y serait l’énergie multipliée par la vitesse de la lumière au carré, une énergie infinie!

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Je me permets de rebondir sur la jolie lettre d’Albert à sa fille en pensant à la ‘haine’ qui accompagne l’amour là où il va, comme thanatos accompagne libido selon Sigmund … Cette haine qui est visible également partout et en tous temps. Ainsi donc, la haine multipliée par le carré de la vitesse de la lumière serait cette énergie épouvantable à laquelle il convient d’opposer l’amour qui est toute aussi puissante. Et le ‘libre arbitre’ dont chacun est sensé disposer consisterait alors à choisir la dose de l’une ou de l’autre qu’on installe dans nos vies : tant d’amour pour tant de haine … Le compte est bon, chacun le sien!

Mais ce serait là jouer avec des dualités qui ne rendent pas bien compte (à mon humble avis) de ce qu’est la vie ‘sous toutes ses formes’. Car, je la crois nettement plus feuilletée que ça. Ainsi, il n’y a pas ‘que’ le blanc (une énergie puissante qui fait tourner le Monde) ou le noir (son absence qui le fait stagner), mais une riche palette comprenant les millions de couleurs de l’arc-en-ciel, de l’infrarouge à l’ultraviolet. C’est dire qu’il convient d’ajouter des millions de nuances aux propos d’Albert et de Sigmund … Avec lesquelles ils seraient, je crois, tout à fait d’accord.

C’est ainsi que la formule magique d’Albert (E=MC2) n’est que le résumé d’une réalité touffue faite d’affects, de sensations et d’intuitions, leur rationalisation mathématique en quelque sorte, qui les restreint forcément … Les mathématiques sont ainsi faites, elles servent à ça! Alors, nous libérant du carcan mathématique et de sa relativité restreinte, il serait amusant de parler d’amour jaune et de haine verte se confrontant, s’équilibrant … Et projetant, mystérieusement, des halos bistre ou fuchsia qui, à leur tour … Afin de (re)composer ce que perçoit chacun d’entre nous, pour peu qu’il ait l’âme ouverte à ‘cette magie là’, celle de la vie au sein de l’Anima Mundi (là on est chez Carl Gustav)!

Me vient alors une intuition : et si les artistes-peintres de tous temps, depuis les grottes de Lascaux à maintenant, n’auraient rien dit d’autre que ce que je m’évertue de dire là!? ; et si c’était là un maître-remède contre l’angoisse, cette peur qui nous agrippe et nous enferme l’âme dans quelques formules magiques ‘rationnelles’ qui fonctionnement tels des ‘sorts’ qui nous cloîtrent dans autant de carcans haineux dont il est malaisé de s’extraire ; et si on se décidait, à leur suite (des artistes), de ré-introduire de jolies ‘nuances’ dans nos vies, comme autant d’exceptions à la règle des loups blancs et noirs qui, en nos fors intérieurs, sont supposés se combattre sans relâche !?

Des loups ‘gris très clair’ feraient l’affaire, non? Ou des loups orangés avec une nuance de bleu, ou encore des loups irisés aux tons changeants … Je vous laisse rêver ‘tout en couleurs’ … Me disant que cela mettrait possiblement un terme à cette guerre intérieure et permettrait peut-être de faire cesser celle que l’on voit partout autour de soi, cette lutte pour l’avoir et le pouvoir nourrie de nettement plus de haine que d’amour! Curieux : je vois, du coup, comme en rêve, Albert me gratifier de son doux sourire et Sigmund, en discussion avec Carl Gustav, me lancer tous deux un regard sérieux de compréhension. Je rêve, c’est certain, en couleurs, c’est évident. Mais quand même … !