Voilà, je suis arrivé à la fin de mon latin, me sens ‘tout chose’, plus envie de ‘dire ce que j’ai sur la patate’. Comme si ‘le spectacle’ était terminé et qu’il était temps de rentrer chez soi … Le ‘that’s all folks’ des dessins animés anciens qui mettait un terme au ‘Petit Mickey’. Il y a du ‘circulez, il n’y a plus rien à voir’ dans l’air. 

Et cette dernière bafouille verbeuse est donc là pour signaler ce que j’estime être ‘la fin des haricots’! … Une métaphore culinaire comme il en circule tellement sur Facebook ces derniers temps ; j’aurai aussi bien pu dire que ‘les carottes sont cuites’, c’aurait été pareil! … Comme quoi, je ne suis apparemment pas le seul à le penser, même si chacun le formule à sa manière, se rendant plus ou moins compte de la gravité de ce … Constat?

La dernière pierre à apporter à mon édifice, à mon ‘constat’, afin de rédiger, à ma manière, le PV de ce qui nous est arrivé dernièrement, est celle que m’a offert Francis Cousin (site ‘Guerre de Classe’) qui a intitulé la courte vidéo que j’ai visionné : ‘Plus un Etat parle de démocratie, plus un Etat est policier’. J’ai réagi d’abord en le commentant de la sorte : 

‘Belle idée! C’est une question de mots, de maux aussi … Mais, à bien le comprendre, je lui donne raison, car je le constate et le sens confusément : le capitalisme est dans une impasse sans issue et il s’y est engagé dès qu’il nous a été imposé comme seul système viable (après le chute de l’URSS). Dès lors, la démocratie n’existe plus, on le constate : un autoritarisme en a pris la place, tuant l’économisme en même temps que toute velléité de liberté individuelle.’

Puis, en y réfléchissant à deux fois (de l’anglais ‘to think twice’), j’y ai ajouté : 

‘Il y aura des résidus, des poches discrètes de démocratie, à l’intérieur de systèmes dictatoriaux de différents types. C’est là ce que je pense. 

Ce qui se profile d’abord, c’est une période de régression en termes de liberté qui intègrera certains aspects essentiels de la progression ayant été faite dans les trente glorieuses, la période 1950-1980 mettons. Et, quand je parle de ‘liberté’, je désigne ‘ce libéralisme authentique mâtiné de socialisme de bon aloi’ que j’ai pu connaître de 0 à 33 ans! 

Il aura donc fallu 36 ans à l’Humanité se ‘globalisant’ pour renverser le gouvernail ‘à droite toutes’! Et moins de deux mois pour opérer la transition définitive. C’est chose faite. Oh, il y aura de la résistance mais c’est ‘plié’, un ‘fait accompli’. La faute à qui? A nous tous! C’est conjoncturel, mettons. 

Il n’en reste pas moins que ‘la transition’ a été gérée de manière déplorable par mon petit pays. Et que la CE dont il émarge, comme je m’y attendais, à montré au monde entier sa grande impuissance. Ce qui arrange sans doute toutes les autres parties en lice dans ce jeu d’échecs multidimensionnel global.’  

Et j’écris cela, tout en regardant par ma fenêtre et en constatant qu’il fait beau, comme il a fait un temps superbe durant la quasi totalité du ‘confinement’ qui nous a été imposé. Je vois s’éloigner peu à peu l’écran de fumée de la (très réelle, j’en conviens, mais pas plus létale que bien d’autres qui l’ont précédé) pandémie Covid19 … Qui a mis la partie ‘consommante’ de la planète à l’arrêt durant près de deux mois! Et cela, tandis que nous attendent, juste derrière le coin, les spasmes d’un système économique global en capilotade … Ou en reconstruction, c’est selon. 

Mais pourquoi donc avoir tant ‘resserré les boulons’? Pourquoi nous avoir ‘enfermés’, nous avoir ‘mis en quarantaine’? Est-ce pour être sûrs que ‘nous’ les suivrons? Et vers où? Vers le grand mur qui nous attend là, pas trop loin!? Car, il me semble clair que ‘le système globalisant’, nous a tous mis dans de beaux draps ; qu’il a cassé tous les jouets qu’il a raflés indûment : la nature, sa faune, sa flore et son climat ; l’économie planétaire dans ce qu’elle aurait pu permettre à l’Humanité entière de prospérer, du moins de vivre correctement. 

C’est dire qu’à bien y regarder, la matrix globale, tenue par quelques poignées d’Hommes et d’institutions, s’est évertuée à spolier l’Homme de tout ce qui le reliait physiquement, affectivement et spirituellement au Monde … Et qu’elle semble maintenant avoir peur de ce qui lui reste, de ce qui, malgré tout, tient l’Humanité unie, à savoir : son ‘âme’! 

Eh oui, c’est un terme ancien, qui sent le religieux, j’en conviens ; c’est un de ces mots qu’on a tenté de bannir du vocabulaire parce qu’il manquait de rationalité, et qu’on a malhabilement traduit par le mot ‘esprit’ qui est tout aussi vague. Eh oui, l’âme de l’Humanité est toujours bel et bien vivante, elle a ‘résisté’. Et la ‘Solid State Society’ (un manga de Masamune Shirow) n’est toujours qu’une fiction, n’en déplaise! 

Ce qui me ramène à la pensée d’un des pères de la sociologie moderne, le français Emile Durkheim (1858 – 1917), qui nous dit, en 1906 : ‘Je ne vois dans la divinité que la société transfigurée et pensée symboliquement’. Et dans son ultime chef d’oeuvre, ‘Les Formes élémentaires de la vie religieuse’, paru en 1912, il y ajoute : ‘Dieu c’est la société’! 

Bon, il y a que ‘la thèse durkheimienne d’une religion essentiellement sociale paraît invalidée au profit de l’individualisation de ce qui reste de religion chrétienne en Occident’. Autrement dit, en jouant le carte du libéralisme (version Adam Smith) voulant que c’est ‘chacun pour soi’, l’Occident aurait mis de côté le ‘tous pour un, un pour tous’ prôné par les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas!  

Est-ce bien vrai? A voir la réaction à l’ordre de confinement donné à plus de deux milliards de personnes de par le Monde, on peut constater la force de l’opinion collective – du conformisme – sous l’allure de l’expression personnelle parfois, mais trop peu souvent! C’est dire que l’Homme actuel vit essentiellement d’idées sociales, de représentations … Qui se mettent à la constituer individuellement! Et inversement, du moins j’ose l’espérer! L’affaire n’est donc ni psychologique ni sociale, mais les deux à la fois! 

Et je pourrais continuer à gloser ces idées. Mais j’ai décidé d’en rester là, estimant avoir accompli ma partie de l’ouvrage, à l’instar du ‘comme il sert’ de police que j’ai pu être en des temps définitivement révolus. Aussi, cet articulet est le dernier que je consacrerai au ‘confinement et caetera’. Il ira rejoindre les 30 autres que j’ai consacré à ce que je crois avoir été ‘un moment essentiel de bascule civilisationnel’. Je les ai tous regroupés sur mon site www.mantika.world rubrique ‘blog’ ou vous pourrez les relire si cela vous chante. 

Autrement dit, le reste de cette affaire ne me concerne plus, car, j’estime qu’il faut pouvoir se saisir d’une affaire à bras le corps puis de s’en défaire entièrement le moment venu. Et ce moment-ci me convient tout à fait, dès lors que je sens que je n’y puis plus rien … Sinon, peut-être prier : ‘que le Monde nous vienne en aide et nous sorte indemne de ce grand tournant que nous nous préparons à accomplir tous ensemble, et qui vient d’être amorcé par ce virage à droite, manifesté par un confinement global qui cahote vers son terme.’

Un virage en tête d’épingle à vrai dire, qui laissera une gueule de bois à beaucoup d’entre nous (je pense ici entre autre à ceux du secteur Horeca), un bleu au coeur aussi pour tout l’Occident qui devra se contenter de jouer dorénavant en ‘deuxième division’ (provinciale!) … Et un coup de volant décisif qui clôt une histoire débutée au 18me siècle (celui des lumières) et qu’on a fini par appeler la ‘globalisation capitaliste’, une histoire conquérante qui s’est avérée être, en fin de compte, une ‘voie sans issue’ …

… Mais qui ne clôt pas pour autant l’histoire de la ‘mondialisation’ débutée bien avant à coups d’essais et d’erreurs (d’horreurs aussi) multiples (déjà Alexandre le Grand, Attila, Napoléon, même Hitler), et qui annonce un Monde composé de bientôt 10 milliards d’être humains s’unissant malgré eux sous la houlette de ‘Dieu sait qui’! 

Encore que, toujours selon moi, ‘Dieu’ … Qui n’est autre que ‘le’ Monde que nous formons tous ensemble, auquel s’ajoutent ‘les’ Mondes minéral, végétal, animal, etc. … Le sait fort bien!