C’est un peu court, non!? Ne faudrait-il pas dire, in petto, ‘bonne fête aux fils et filles’ qui ont permis à cette maman de l’être, qui l’ont supportée autant qu’elle les a supportés ; qui l’ont éduquée à ‘être une bonne maman’ autant qu’elle a tenté de les éduquer à être ‘de bons enfants’, avec un succès parfois très discutable de part et d’autre. Du coup, cette fête devient la ‘bonne fête à tous’, non!?

Mais, à mon sens, ce qu’on célèbre ressemble davantage à une ‘fête du grand pardon’ … Je te pardonne et me pardonne nos attitudes réciproques qui nous ont souvent marquées à vie, nous ont ‘formatés’ à devenir qui nous sommes devenus. J’ai 69 ans et me rends compte combien la vie peut être chienne pour les jeunes filles qui deviennent des mamans sans préparation aucune, et qui se font les dents sur leur premier, exaltent leurs frustrations sur le second, etc.

Ceci étant dit, ‘bonne fête maman’! La mienne s’en est allée aux cieux depuis un bout de temps déjà. Et je n’y pense pas souvent et pas toujours en bien, même si je la comprends un peu mieux à chaque année qui passe, à chaque fois que je lui ‘fais sa fête’ aussi. J’ai tenté de la ‘guérir’, du moins de la soulager, comme le font beaucoup d’enfants, par leur amour, leur obéissance, leur humour ou leur bon sens parfois déplacé et qu’on dit ‘mignon’ ; ils prennent sur eux, souffrent pour elle …

… Qui ne cesse de souffrir de sa propre (belle-)mère qui ne cesse de la hanter, ‘en vrai’ ou par-delà l’espace et le temps. Il y a tellement de souffrance qui se transmet de mère à fille et à fils! Les filles ont tendance à la transmettre ‘naturellement’, les fils ‘culturellement’ en formatant leurs gosses comme eux-mêmes l’ont été, à tort ou à raison, en bien ou en mal. La fête des mères est donc une fête des pères en sous-main, l’une naturelle, l’autre culturelle, se superposant, se mélangeant.

Et ce brouet de nature et de culture familiale nous fait ‘être’ qui nous sommes, du moins en matière de comportement … Le ‘caractère ‘ que nous avons développé ; le ‘scénario’ dans lequel nous assumons le rôle principal, fût-il celui d’être un suiveur déprimé et déprimant les autres, ou celui du tyran domestique qui veut que cela se passe dans son petit royaume familial comme il.elle l’a décidé … Les 20 premières années déterminant le reste de nos existences!

Mais que faire de mieux sinon ‘lui/leur’ pardonner à ces ‘deux-là’ en ce jour de fête? Aurai-je fait mieux si j’avais connu ce qu’ils ont traversé? Je ne le crois pas. Mais peut-être bien, je l’espère parfois. Et je me fais des illusions sans doute. C’est dire combien cette ‘fête’ m’inspire une forme de candeur triste nappée de pas mal d’humilité. Et bien sûr que je vous le pardonne à tous deux, et plus particulièrement à maman en ce jour de fête … Et que je regrette à la fois que cela ne se soit pas passé ‘pour le mieux’ dans ‘le meilleur des Mondes’!

Car, on le voit à l’occasion de cette crise financière mondiale nantie d’un confinement catastrophique, que ‘le meilleur des Mondes’ est toujours pour demain. Et que chacun bricole ‘à la minute’ sa réalité avec les moyens dont il dispose. Ainsi, souvent, le manque excède l’avoir, l’impuissance le pouvoir, et la bêtise le savoir s’y prendre afin que tout aille dans le sens d’un ‘mieux être’ … Cet ‘être heureux’ qui, pourtant, nous échoit par moments quand même, et même pour de longues périodes parfois!

Bref, Bonne Fête maman … Sois heureuse là où tu es allée. Et ne soit pas triste quant à nous deux, on fera mieux la prochaine fois!

Ton fils.