Je reprends le texte de la photo jointe (que j’ai transcris ci-dessous) ; il est apparemment de Mylène Gaulard qui semble savoir de quoi elle cause : 

‘Toute tentative de réforme du mode de production capitaliste relève de la pure naïveté, qu’il s’agisse des politique keynésiennes de relance, de baisse des inégalités ou des politiques néolibérales qui feraient tout reposer sur le libre fonctionnement du marché, toutes les solutions proposées pour remédier aux faiblesses du mode de production capitaliste sont de pures utopies.

Il ne reste que peu de place pour les propos réformistes. Tout mouvement social qui ne s’attaquerait pas au coeur du mode de production capitaliste, c’est-à-dire au salariat mais également au processus d’accumulation, mais également à l’Etat qui est derrière, se trouverait dans le domaine de l’utopie.’

Je n’ai pas lu son livre traitant du malaise du capitalisme chinois et ne connais pas sa thèse. Je spécule sur cette seule phrase, me contente de réagir, de nourrir le débat à ma manière. 

*

Je crois qu’il n’y a pas moyen de se défaire du ‘mode de production’ capitaliste. Et qu’il risque de tuer l’humanité telle qu’on la connaît. Ce qui s’y oppose, c’est la solidarité. Mais même de celle-ci, le mode capitaliste trouve à se nourrir : il vient vider les cagnottes quand elles sont pleines! Qu’y faire? 

Nous, humains de cette époque? Ben, rien. Prier le Monde, la ‘nature’, de s’en occuper à sa façon, sans doute en détruisant notre civilisation ‘humaniste’. Peut-être ne savions-nous pas que c’était lié … ‘Devenir soi-même’ et le capitalisme! C’est venu en même temps, depuis Erasme et les siens. 

Bon, il y a toujours bien eu une racine ‘capitaliste’ dans chacune des civilisations qui ont précédé celle-ci, mais là c’est devenu vivace, ça s’est mis à pousser comme la ‘mauvaise herbe’. C’est ‘le côté obscur de la Force’ qui est en chacun de nous et qui, pour le coup, a fini par l’emporter. 

On peut dire que ce qu’était la Chrétienté pour le millénaire séparant la Renaissance de l’époque Romaine, est ’ce mode de production capitaliste’ que nous connaissons actuellement. Autrement dit, c’est notre ‘religion’ qui ne se présente pas ainsi, mais c’est tout comme. 

Et puisque ‘ce mode de production’ est né en même temps que ‘la science moderne’, elle en fait intimement partie et n’en contredira pas les fondements. On en voit une illustration ‘médicale scientifique’ avec la manière dont est gérée la pandémie du Covid 19 …

… Qui s’origine peut-être même dans une foireuse recherche en laboratoire et qui s’en est ‘évadée’ de manière voulue ou non. C’est dire que la sacrosainte science est, en quelque sorte, le moteur du mode de production capitaliste. Elle l’aide à exploiter le Monde en sa ‘nature’, à en devenir maître et possesseur. 

Ce serait donc René Descartes qui lui aurait fourni ‘sa méthode’, au ‘mode de production capitaliste’!? Ben oui, si Dieu n’est plus là-haut, il est parmi nous! Que dis-je : il est ‘en nous’! Il est donc ‘en moi’ … Je suis Dieu, un petit Dieu mettons et ‘je’ décide de ce que je ferai de ‘ma’ vie et de ‘mon’ Monde. 

Et si j’en ai les moyens, essentiellement financiers s’entend, je suis parfaitement autorisé à ‘tout faire à ma guise’! Fort heureusement ‘je’ ne s’entend pas vraiment avec tous les autres, ce qui freine mon élan. Mais ‘nous’ sommes mus, sans nous en rendre bien compte, par un même idéal religieux, celui de l’ami Descartes!

Et devenir maître et possesseur de ‘la nature’ implique, c’est évident, de posséder et de maîtriser mes semblables, ce qui a été chose faite dès le début de l’ainsi nommée ‘révolution industrielle’, mais dès le départ de la ‘révolution culturelle » maoïste également … C’était pareil, puisqu’il y était question de soumettre l’Homme au parti!

C’est ainsi que capitalisme et communisme, ces deux modes de production de l’Homme et de son (in)humanité, se ressemblent tels les recto et verso d’une même page : soumettre ‘chaque un’ à la volonté d’un seul ou de ‘quelques uns’ ; produire et reproduire de l’identique sous couvert de ‘l’identité’.

Ta différence te rend identique à moi, dès lors que moi-aussi je suis différent … Tu piges!? ’T’as ta Toyota? Fais tout bien comme il est prescrit et tu seras un homme.une femme mon fils.ma fille!’ Ah le piège … Dont le psy qui vous écrit là ne voit pas vraiment l’issue  …!

… Un labyrinthe qui serait, à la fois, une véritable galerie des glaces. Je me vois partout où je me trouves, et te vois partout où je suis. Nous sommes tous là, partout … Et nulle part à la fois … Tournant en ronds comme autant de hamsters faisant tourner une roue, chacun enfermé dans sa cage …

… Faisant tourner ‘la roue de fortune’ d’un autre qui nous gouverne, en fait, et qui  augmente la cadence au gré de ses lubies … Ou se passe de nos services et nous ‘déferme’, nous chassant de notre cage, nous ‘confinant’ au besoin … ‘Non, tu ne feras plus rien, de manière à ce que tout autour de toi se délite rapidement sous tes yeux effarés et qu’il te faudra vingt ans pour te rétablir et te reconstituer un petit pactole! … Et, ensuite, au besoin, on recommencera!’ 

Eh merde, nous voilà donc tous faits comme des rats!  Ou comme des lemmings dévalant leur pente vers l’océan qui les attend en bout de course. Car, ce ‘mode de production’, n’offre aucune issue favorable!

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Mais alors quoi, être soi-même n’est pas la panacée universelle, dès lors qu’elle mène à la gabegie actuelle, fût-elle capitaliste ou communiste, guidée par un dictateur ou par un Etat, peu importe!? Ben, apparemment oui! Quoiqu’il importe de scruter cette curieuse manière d’être soi-même de plus près!

Car, il s’agit clairement d’être soi-même en ‘oubliant’ qu’on est soumis à la (notre) nature et au Monde qui nous porte ; il importe d’en rester le maître et le possesseur, tout en oubliant qu’on en est l’hôte pour la durée d’une existence brève qui se prolonge rarement dans notre descendance!

On aurait donc tous ‘oublié’ que nous étions des ‘créatures’ de la nature, obéissant à un code génétique que nous n’avons pas fabriqué nous-même et dont nous ne nous sommes pas affranchis à ce jour, même si bon nombre d’apprentis-sorciers tentent l’aventure.

Car ‘devenir Dieu pour de vrai’ consisterait à véritablement ‘se recréer’, non? Mais on ne pourrait le faire qu’au partir d’un matériau fourni par le Monde et sa Nature dont on ne se serait, du coup, pas vraiment affranchis! Flute alors! Bref, on chipote, on bricole et on se donne à croire qu’on y est arrivés … Presque!

C’est Sisyphe qui s’est saisi d’une pierre trop anguleuse, trop lourde aussi, et qui gravit une colline bien trop pentue, s’aidant d’une masse d’esclaves qu’il a mis à la chaîne et qui rament en aveugles faisant progresser vaille que vaille une galère globalisée, ayant oublié pourquoi ils sont ‘venus au Monde’ …

… On leur aurait ‘volé leur destinée’!? Ben oui, c’est un peu ça. Je te vole ton histoire en te déprogrammant puis en te re-programmant … On appelle ça l’enseignement! Et je mets à la place l’histoire que tu es censé avoir, ton ‘plan de carrière’ au gré des capacités que tu as en toi et qui me sont ‘utiles’. Houla! 

Tiens-le toi pour dit, petit Homme!  Et là, je me mets à songer à un célèbre écrit de Wilhelm Reich que vous pouvez trouver sur le site https://inventin.lautre.net/livres/Reich-Ecoute-petit-homme.pdf  Il est lire et à méditer … Et, comme Reich, j’ai envie de dire : j’ai peur de toi, petit homme! Je lui laisse la parole pour clôturer cette bafouille d’un matin de confinement :

‘Une ère nouvelle s’est levée, celle de l’homme moyen, héritier d’un passé atroce. Il a commencé à assumer le gouvernement de la Terre. L’avenir de l’humanité dépend donc de ses pensées, de ses actes. En réalité, il n’est libre que de toute préparation à la maîtrise de sa propre vie, de toute autocritique …’